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Damien Gromier, l'homme de tous les Startup Weekends


Il est 19h, un vendredi soir. Au rez-de-chaussée du Liberté Living Lab, un grand espace au cœur du Sentier, dédié au travail, à l'expérimentation et à l'innovation technologique, une soixantaine de personnes est installée sur des petits tabourets blancs inconfortables. Pourtant, ils ont tous le sourire aux lèvres. Un je-ne-sais-quoi qui inspire la bienveillance et qui restera perceptible pendant ce long Startup Weekend Refugees.


Si vous n’avez jamais entendu parler du concept Startup Weekend, on vous explique le principe : il s’agit de faire travailler en équipe des gens - tous volontaires - qui ne se connaissent pas - dans un temps limité, (54 heures) et de tout mettre en oeuvre pour les aider à donner naissance à une start-up au business model viable.


Le phénomène Startup Weekend est né en 2007 aux États-Unis. À Paris, les volontaires ne manquent pas pour organiser et faire vivre ces événements. Tous les week-ends, des dizaines de cerveaux bouillonnent ensemble, sur une même thématique, pour réfléchir à la création d’une start-up.


Ce week-end du 10 au 12 mars, la thématique est on ne peut plus sociale, puisqu’elle concerne directement les réfugiés.


Derrière cette émulation collective parisienne, on retrouve de Startup Weekend en Startup Weekend, le même homme. Il n’est pas très grand, est toujours vêtu d’un costard et son visage illuminé d’un sourire. Lui, c’est Damien Gromier, directeur du développement de France Digitale le jour, community leader de Startup Weekend la nuit. Une double vie que ce jeune Parisien de moins de 30 ans mène avec passion. Rencontre.


Quand on arrive chez lui, on est un peu en avance. Damien nous accueille, le sourire aux lèvres, en jogging, sweat-shirt. Il est en train de repasser une chemise blanche, qu’il avoue avoir laissée cramer parce qu’il était au téléphone. Ouf, une fois rentrée dans son pantalon de costume, personne ne pourrait soupçonner l’affront au tissu blanc.


Pendant qu’il se change avant la séance photo, Damien nous fait lire le brouillon de son TEDxEcole Polytechnique, tenu le 11 janvier dernier. Dans ce discours intitulé « 54 heures pour changer de vie », Damien affirme avoir croisé la route de quelques 6000 personnes au cours des 7 dernières années. Toutes rencontrées durant un Startup Weekend et à un moment clé de leur existence : « celui du passage à l'action », dévoile l'animateur d'une grande majorité de ces événements parisiens. Et si toutes ne sont pas devenues chef d'entreprise, la plupart sont reparties avec un déclic, celui qui les a mises en mouvement pour les transformer en acteurs du changement.


Un avant et un après Startup Weekend


Quand on lui demande s’il se souvient de son premier Startup Weekend, Damien acquiesce, bien sûr. « J'étais de ceux qui aidaient », glisse-t-il, sans s'étendre plus sur ce sujet. En 2011, Damien organise lui-même son deuxième événement, à Toulouse, où il a étudié dans une école de commerce. « C’est là que je me suis dit qu’il fallait que je m’engage plus dans cette voie. Je me suis rendu compte que pour les participants, il y avait un avant et après Startup Weekend ». Alors pourquoi s'arrêter ?


Parce que c’est ça son truc à Damien, ce qui l’anime et le pousse à passer ses week-ends avec des inconnus à Paris comme à Singapour (d'où il revient tout juste) ou Cuba (où il est sur le point de se rendre)... « À la fin, on devient comment tous membres d'une même famille », souligne-t-il avant d'ajouter que, ce qui lui plait le plus dans ces événements c'est que « tu as vraiment l’impression d’aider les gens. Ils viennent te dire merci. »


Food, fine tech, intelligence artificielle… Damien en a fait des week-ends et en a vu passer des sujets. Mais avec ce 71ème événement consacré aux réfugiés, c’est la première fois que ce passionné des rencontres touche à un domaine si social et ce, grâce à sa rencontre avec Joséphine Goube, CEO de Techfugees (une entreprise sociale qui mobilise sa communauté internationale pour trouver grâce à la Tech des réponses à la crise des réfugiées). Même si Damien ajoute d’emblée que, pour lui, « tout Startup Weekend a une portée sociale ». « Mais là, avec Refugees, il ne s’agit pas seulement d’aider les entrepreneurs à concrétiser leurs rêves et les projets, mais d’aider également les réfugiés ».


"Je dis oui à tout"


Ce travail de bénévole, ce « facilitateur » comme on dit dans le jargon Startup Weekend, l'effectue en parallèle de son activité professionnelle : Damien travaille, depuis mai 2016, pour France Digitale, une association qui réunit entrepreneurs et investisseurs du numérique. L’objectif : promouvoir cette économie auprès des pouvoirs publics. Une initiative « unique au monde », souligne Damien, en charge du développement de la structure.


Un poste qu'il a choisi d’occuper alors qu’il était sur le point de partir pour un tour du monde un peu spécial... « Avril 2016, après 4 ans au Crédit Lyonnais, je décide de démissionner avec un objectif : partir faire un tour du monde des Startup Weekends. France Digitale m’a convaincu de rester un peu plus longtemps en France », explique Damien avec amusement.


« J’avais envie de redevenir entrepreneur », ajoute celui qui a lancé sa propre start-up en 2011, avant de la revendre. On ne pourra vous en dire. Damien est un homme secret, qui préfère parler de l’avenir, « de ce qu’on va faire » plutôt que de se raconter, revenir sur son passé, son premier tour du monde en sac-à-dos ou son enfance dans les montagnes de Savoie.


Il faut dire que cet hyperactif ne manque pas d’activités. « Je dis oui à tout. Je ne sais pas dire non , affirme-t-il. En plus de l’organisation et de l’animation de dizaines de Startup Weekends par an, de son travail chez France Digitale, Damien a co-fondé en début d'année avec Lorenzo Croati (qui est lui aussi de tous les Startup Weekends) un autre projet : l’Ecole du pitch, soit une offre de formation pour entrepreneurs, collaborateurs ou même étudiants et particuliers souhaitant savoir comment pitcher son entreprise, son projet, son idée ou même son parcours à de potentiels investisseurs, recruteurs, partenaires… De quoi rentabiliser toutes ses heures passées à coacher (gratuitement) des aspirants entrepreneurs.


And the winner is...


Retour au Liberté Living Lab. Il est tout juste 16 heures et les participants doivent rendre leurs copies. Damien Gromier est sur la petite scène du rez-de-chaussée. Après avoir joué les coachs ces deux derniers jours, Damien se transforme en animateur et chauffeur de salle.


Le jury est installé, les bénévoles se chargent du bon déroulement des opérations, le public a pris place, les pitch peuvent commencer. Ils ont 8 minutes au total pour convaincre les jurés.


Ce soir là, on parle doudou connecté, plateforme pour l’emploi, chat bot et application mobile. L’ambiance est bienveillante, le public encourage les participants, applaudit et l’émotion est à son comble quand les gagnants sont désignés par les membres du jury. Il s’agit de Refuhelp, une app pour guider les réfugiés dès leur arrivée en France. Sa particularité ? Elle a été entièrement conçue par une équipe de réfugiés. De jeunes développeurs, diplômés depuis seulement quelques mois et qui ont tout donné pour mener à terme leur projet.


Alors que les portes du Liberté Living Lab sont sur le point de se fermer, on croise Damien prêt du buffet. Il arrive après la bataille et doit se contenter des restes des convives. Il n’a pas arrêté du week-end, mais son visage porte - encore et toujours - ce même sourire communicatif. Le secret de son énergie ?


Happy Bonus

La cantine de Damien : Les amis de Messina, 81 rue Réaumur, dans le 2ème arrondissement


Pour en savoir plus si l'espace de travail Liberté Living Lab, rendez-vous sur le site officiel.

Même chose pour l'association France Digitale, et l'Ecole du pitch.

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