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Apprivoiser Paris avec l'actrice américaine Elina Löwenshon


C'est avec un sourire accueillant et chaleureux qu'Elina Löwenshon, actrice américaine d'origine roumaine, me reçoit chez elle. Elle commence dans quelques jours en Corse, le tournage du film belge : Laissez bronzer les cadavres d'Hélène Cattet et Bruno Forzani. D'ailleurs, je la trouve bien bronzée au vu de la météo de l'hexagone de ce mois de mai. Elle m'avoue aussi que, pour les besoins du film, elle doit se rendre au solarium, ce qui la fait bien rire !

Tout est dit ou presque, rencontrer Elina, c'est déjà un voyage dans le monde mais aussi la bonne humeur. La Roumanie d'abord où elle est née, les États-Unis, ensuite, où elle a fait ses premières armes au théâtre et au cinéma, notamment avec Hal Hartley (Simple Men, 1992 puis Amateur en 1994), Travis Preston, et enfin Paris, la ville lumière au cœur de laquelle l'univers de l'actrice se déploie aujourd'hui telle une guirlande de perles de joie.

S'installer à Paris par amour

Elina aime Paris et Paris aime Elina. Elle se rappelle que tel n'a pas toujours été le cas, et son arrivée en 1994, reste marquée de souvenirs difficiles : « Je ne m'étais jamais sentie étrangère, même lorsque je suis arrivée à New-York à l'âge de quatorze ans. À Paris, tout est très codé, il m'a fallu du temps pour intégrer que les pharmacies et les boulangeries sont des lieux sacrés en quelque sorte... Tout ce qu'on y dit est analysé avec le plus grand soin. J'en ris aujourd'hui, mais à l'époque, c'était un véritable choc lorsqu'une boulangère reprenait mes erreurs en soulignant que j'avais, par exemple dit "un baguette" à la place d'une baguette ou que la pharmacienne me toisait parce que je ne portais pas mes plus beaux vêtements ».

Elina est venue s'installer à Paris par amour, elle a longtemps été l'épouse du peintre Philippe Richard. Avant tout, la découverte de la capitale française lui a permis une ouverture sans précédent sur l'art contemporain et ses lieux. C'est là qu'il lui a été donné de cultiver son regard et son sens critique de l'intérieur. Car Elina connaît personnellement de nombreux artistes. C'était également l'opportunité d'un partage exceptionnel, lui apportant énormément dans son domaine de prédilection : le cinéma.

"Je suis chez moi à Paris"

L'apprentissage de la langue de Molière lui a ouvert des portes, et elle a tourné de nombreux films en français, parmi lesquels Sombre de Philippe Grandrieux, La guerre est déclarée de Valérie Donzelli ou encore Suite Armoricaine de Pascale Breton. C'est toutefois la rencontre avec le réalisateur toulousain Bertrand Mandico qui sera déterminante. Elina tourne avec lui de nombreux films, notamment Boro in the box, un film étrange sur la naissance de l'amour et partage aujourd'hui sa vie avec lui.

Elina ne s'imagine pas quitter Paris. L'immeuble, dans lequel se situe son appartement, est un ancien hôtel, construit lors de l'exposition universelle de Paris en 1900 pour accueillir un ballet. Chaque pièce fourmille d'objets insolites, et d'idées déco décalées comme les petits miroirs dans la salle de bain, qui mis côte à côte forment un grand miroir en mosaïque. Une baie vitrée offre une vue imprenable sur les toits, et je m'attarde à observer les nuages qui dansent tout en caressant les antennes. Un tourne-disque, en bonne place, prêt à accueillir une collection de vinyles qui s'agrandit sans cesse, me fait de l'œil. Elina me propose d'écouter Glass Candy, un duo américain de musique électronique, que je découvre avec délectation. Elle adore parce que les mélodies lui donnent envie de danser. Puis, elle me glisse : « Je suis chez moi à Paris maintenant. Je m'y sens bien, j'ai apprivoisé la ville. Je connais désormais son langage. Je m'y plais, elle accueille des lieux incroyablement décalés et intéressants où des gens essaient de nouvelles façons de travailler ensemble, de faire des choses ». Elle aime vagabonder dans les différents bâtiments de Ground Control dans le 18ème arrondissement. La présence des rails invite au voyage, à l'ailleurs, alors qu'on se trouve en plein Paris. Autre lieu : La Recyclerie dans le même arrondissement. Ici, dans l'atmosphère authentique de l'ancienne gare, encore des rails, on explore un nouveau mode de consommation dont les 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) forment le socle.

L'heure a tourné. De mon thé vert, délicieux, il ne reste goutte. C'est le moment de se rendre à La Couleuvre, un lieu d'exposition à Saint-Ouen où se tient ce soir un vernissage. Elina fait partie de l'association, elle s'est engagée à assurer la permanence du bar tout en s'occupant de collecter les nouvelles adhésions. Je gage que son sourire éclatant ainsi que sa joie, raviront les personnes venues découvrir l'exposition Double Insu, regroupant différentes œuvres réalisées par le couple d'artistes suisses Delphine Reist et Laurent Faulon.

Après une petite exploration de l'espace et des pièces exposées, je m'éclipse presque comme une voleuse. Je ne suis pas près d'oublier ni la générosité ni la disponibilité d'Elina. Et je me réjouis de la retrouver bientôt au cinéma !

Happy Bonus : trois morceaux qui font vibrer Elina

Merci à Bertrand Mandico pour les polaroid.

#ElinaLöwenshon #18èmearrondissement #halhartley #LaRecyclerie #GroundControl #LaCouleuvre

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